Manger !

Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /2007 15:53
CollectionAutomne.jpg
Ce que vous ne parvenez pas à lire a cause de la définition limitée des photos prises avec mon téléphone portable est le sous titre du document. Je le retranscris donc ici:
Soup & Soft Drink
Autumn Winter Collection


Une publicité deposée avec amour dans le refresh room de ma boïte, avec des photos de soupes aguicheuses et autres plats dont seule Tiffany a les secrets. Collection Automne - Hiver de soupes et de boissons non alcoolisées, ou comment évoquer la fascination irrationelle qu'ont les Japonais pour la nourriture.
Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /2006 14:03
Voilà, enfin. C'est quand même pas trop tôt. J'ai enfin investi dans une Mug. "Investi". Pour être plus honnête, je l'ai eue gratuitement. Mais cela ne l'empêche pas d'être une Mug de très haute qualité. Design étudié, couleur sobre mais élégante et tout cela en acier inoxydable.

"C'est juste une tasse à café" me diront certains.

Naïfs! Une Mug n'est pas "juste une tasse à café". La Mug est l'accessoire obligé de l'entreprise. La Mug est un signe extérieur d'affirmation, ce qui est d'autant plus vrai dans un environnement morose et uniforme, avec tenue imposée. La Mug est le média d'expression de sa personnalité, de son humour ironique ou de son goût raffiné. C'est un peu le l'équivalent d'un T-shirt Jim Jarmush dans une population emo. Les gens vous jugeront sur la seule chose sur laquelle ils auront prise: votre Mug. Des carrières ont été cassées pour des raisons aussi insignifiantes qu'une Mug de mauvais goût qu'un ami vous a rapporté de ses vacances sur la côte d'azur. Choississez bien.

Donc me voilà avec une nouvelle Mug. Mais autant lier l'utile à l'agréable, j'ai pris la décision de l'inaugurer en bonne et due forme. Avec du café. Je ne suis pas spécialement porté sur le café mais il me semblerait que ma Mug racée et élégante irait mal avec une verveine menthe. C'est fou, les stéréotypes.

Je m'en vais donc à la machine à café, ou plus exactement la petite machine qui réchauffe l'eau. Je suis sûr qu'il y a un terme technique précis pour ce genre d'appareil mais il m'échappe pour l'instant.

Donc la machine à chauffer l'eau. Simple, descriptif.

En arrivant devant le lieu du crime, la musique de 2001 Odyssée de l'Espace retentit dans les couloirs gris. Voici donc ce qui se dresse devant moi:


A première vue, un artefact d'origine extraterrestre, une sorte de présent d'une intelligence supérieure qui contient la réponse à la question ultime de l'univers.

A seconde vue, après quelques recherches effectuées auprès de mes collègues, c'est bien la machine qui augmente la température de l'eau (TM). La méprise est compréhensible.

J'avoue être resté circonspect. Je balance entre l'envie de bidouiller l'animal et la peur d'activer le système de mise à feu.

Faisant preuve de mon ardeur enthousiaste légendaire, je mets ma Mug chérie au dessous de ce qui semble être l'orifice d'où devrait couler l'eau puis inspecte les boutons. Tout cela ne paraît pas évident. Mais trois boutons, l'un d'eux doit bien commander la décharge du liquide suscité. Je presse donc le premier, en haut à gauche. Il faut savoir être méthodique. Là, rien. Ou plutôt si. Une petite loupiote s'est déplacée.

N'étant pas sûr que ce soit un bon signe, je fais un pas en arrière. Rien.

Frustré, j'appuie sur le second bouton. Toujours rien. Mais c'est classique. C'est la troisième loi de la Thermodynamique qui fait que c'est toujours dans la dernière boîte qu'on trouve l'atome qu'on cherchait. Donc je presse le troisième bouton avec confiance.

Et là...

Rien.

Frustration.
Je me sens comme un chimpanzé devant un tableau de bord de boeing.

J'en profite pour préciser que cette remarque n'est absolument pas discriminatoire envers nos amis primates qui pourraient me lire. Il est de notoriété publique que si vous mettez un million de chimpanzés dans un bungalow, avec une réserve suffisante de bananes et un zest généreux de patience, ils vous livrent l'intégrale des oeuvres de Shakespeare. Saupoudrez les bananes de gingembre et vous aurez l'intégrale des S.A.S, c'est une question de goût.

Toujours est il que l'intégrale de Shakespeare ne m'aiderait pas dans la circonstance actuelle et de toute façon je n'ai ni le temps ni les ressources pour entretenir un million de chimpanzés. J'envisage donc une méthode alternative.

Quinze minutes plus tard, mes collègues attirés par des bruits sourds dans le couloir me confisquent mon marteau et mon tournevis. L'un deux m'envoie un sourire narquois et décide avec générosité condescendante de m'enseigner comme utiliser la machine. Il presse un bouton puis, simultanément, en presse un second. Et là, l'eau coule. Je comprends le bonheur du voyageur perdu dans le désert qui finalement tombe au sol et se retrouver le nez dans une source.

La Mug se remplit, je touille tout ça allègrement et retourne à ma place satisfait. Je m'assieds à mon poste et prends une large gorgée.

Et je me souviens qu'au Japon, la température normale pour une boisson est de 143°C (ce qui nécessite tout un dispositif de surpression des locaux et des Starbucks Coffee afin de repousser l'ébulition de l'eau au delà de cette limite). Je recrache donc bien sûr tout instantanément ce dont le stagiaire assis en face de moi profite bien sûr, grâce à la beauté du concept d'Open Space.

Ce qu'il faut retenir de cette histoire est que si le Mug est en effet le signe ultime d'affirmation en entreprise, cela ne veut pas forcément dire qu'il ne faut pas envisager des accessoires supplémentaires si on veut aussi l'utiliser au Japon: une bonne glaciaire, des gants en amiante et suffisamment d'humilité pour demander à ses collègues plus versés dans l'ésotérisme de nous enseigner l'art occulte de ces gadgets alambiqués qu'on retrouve au Japon. Et si vous n'avez pas assez d'humilité et préférez récupérer un manuel d'utilisation, vous pouvez contribuer à mon projet bungalow en envoyant quelques bananes, vous recevrez le manuel d'ici un temps compris entre zéro et l'infini.
Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 12:56
Pas loin de l'endroit où je gâche ma belle jeunesse se trouve un bon petit restaurant dans lequel j'aime passer les quelques minutes de liberté qui me sont allouées à la pause déjeuner.  Cet endroit ne paie pas de mine, à peine détectable si ce n'est quelques affiches. On descend quelques marches et on arrive dans l'un de ces nombreux restaurants en sous-sol. Cuisine Chinoise. Mais attention, oulà, pas n'importe laquelle, non! Baiking Chinois! Ou plutôt, en filtrant un manque d'habitude de certaines contorsions de la langue, un Viking Chinois.


Viking Chinois?


Flashback


Il y a de cela une bonne dizaine de siècles, les Vikings ont décidé de partager leur merveilleuse culture au Monde entier et se sont donc allègrement promenés en Europe ou même dans les mers glacées du nord de l'Atlantique jusqu'au Vinland, ou nord des Amériques. Naviguant sur les drakkars, des embarcations pratiques qui pouvaient remonter avec ardeur et enthousiasme les fleuves et donc s'aventurer loin dans les terres.  Vous l'avez compris, les Vikings étaient les premiers touristes. Ils avaient une soif de découverte et, comme tous les touristes, ils avaient envie de ramener quelques babioles locales pour offrir à leurs amis et à leur famille. Le joli candélabre du monastre pour le père, un bon cochon à ramener à la famille et ses vieilles toges trempées de fange pour la belle mère.


Malheureusement, les gouvernements d'alors n'étaient pas toujours à l'aise avec des concepts économiques avancés tels que l'importance de l'échange des monnaies ou encore de l'encouragement du tourisme. Donc pas de petites échoppes vous vendant des souvenirs du pays des Francs, pas de parc d'attraction GermainLand.


Ce qui n'empêchait pas bien sûr les Vikings. Je le répète, les mots clés sont ardeur et enthousiasme. C'est donc avec ardeur et enthousiasme que le groupe du voyage organisé sautait du drakkar en poussant des hurlements, souvent à moitié nus, brandissant haches, épées et autres arguments convaincant lors d'une négociation commerciale. De là ils se jetaient sur la nourriture, l'or, violaient femmes, enfants, hommes, animaux, vieillards (dans cet ordre; nous en avons d'ailleurs conservé l'expression nordique "les femmes et les enfants d'abord"). Une fois repus de souvenirs, ils rentraient dans leurs contrées enneigées et racontaient leurs aventures. Sans diapositives, ce qui tendrait à prouver qu'ils n'étaient pas si barbares que ça. Bien sûr , cela faisait boule de neige et des hordes d'autres touristes jaloux venaient profiter des beautés exotiques de nos pays Européens.


Retour à notre époque


Donc Viking Chinois.


Grands voyageurs et touristes devant l'éternel, les pirates du Nord ne sont jamais allés se gaver de nems au pays de Qin.


Non, il s'agit là tout simplement d'une méprise. Une expression, tout à fait Nipponne, un barbarisme exotique. Car le Viking n'est autre qu'un type de restaurant: c'est un Buffet. C'est donc dans ce cas très précis un Buffet Chinois.


Sauf que cela s'appelle Viking Chinois. Bien sûr mon instinct postmoderne me fait dire que le jeu sur les mots peut influencer notre inconscient de façon imperceptible. Ainsi, alors que le mot Buffet ne m'inciterait ma foi qu'à éventuellement féliciter la maîtresse de maison pour son mobilier, je dois avouer qu'il y a une petite nuance avece le Viking. Même si on se jette sur la nourriture de la même façon, en savatant allégrement le voisin ou en manipulant la fourchette de façon ardente et enthousiaste, on ne peut s'empêcher de regarder avec appétit la petite servante qui évite de rester dans le passage. Les mystères de l'inconscient.


Toujours est il que vous ne serez pas étonné si vous voyez écrit "Viking"., il s'agit donc tout simplement d'un restaurant où, après avoir payé un forfait, on finit invariablement par trop manger de la nourriture d'une qualité parfois trop modeste et à se tordre sur sa chaise une fois de retour dans l'antre d'esclavagisme. On souffre et pourtant on recommence. "Plus on mange moins c'est cher", belle expression que je déteste tous les jours après 13h.
Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire

Recherche

Commentaires

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus