Mardi 18 octobre 2005
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Il est quatre heures du matin, un samedi dans les rues de Kobe où souffle encore la chaude brise d'une fin d'été. Un homme gît sur le sol. Dans toute autre circonstance, on appellerait les urgences ou la police, afin de s'inquiéter de son état. A-t-il eu un malaise? Est il la victime d'un chauffard? Mais là, c'est différent. On est un samedi matin à Kobe et, ce qu'on ne peut pas vraiment deviner sur la photo, l'homme ronfle sans pudeur. Aucune.
Scène classique. Après le travail, nombreux sont les gens qui sortent en groupe, par exemples collègues, ou entre amis pour aller s'ennivrer de façon obscène. C'est le grand jeu de l'égalité, on retrouve tous les âges et tous les sexes. Et les Japonais partagent tous une terrible double malédiction:
1. Ils adorent l'alcool.
2. Ils ne tiennent pas du tout l'alcool.
25% de la population n'a pas l'enzyme qui permet de décomposer les molécules d'alcool. On les remarque facilement car ils deviennent rouge ecarlâte apres un verre et commencent à danser nus sur les tables alors qu'on en est encore à manger la salade. Le résultat, ce sont des cohortes de gens ivres qui s'effondrent dans les rues, nous font profiter des détails de leur repas et s'endorment soit en situation, comme notre ami dessus ou alors dans les hôtels capsules. Qui ressemblent plus à des morgues qu'à des capsules.
La brise d'une fin d'été et plusieurs verres de sake l'ont convaincu que ma foi il fait très bon dehors et d'ailleurs ils sont bien conçus ces trottoires, très confortables.
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